mercredi 19 janvier 2011

Pluie verglaçante, renku d'hiver



A l'initiative de Philippe Quinta,

avec la complicité de Monika Thoma-Petit, Danièle Duteil, Michel Duflo et anna,

par délà l'océan grâce à la magie des ondes,

l'expérience, six semaines durant, de ce renku d'hiver : Pluie verglaçante.


Soyez juges...




pluie verglaçante


Montréal à l'heure de pointe


une grande patinoire


Monika






sur le pare brise givré


l'enfant grave son prénom


Phil






aujourd’hui encore


un petit mot sous sa porte


- des pattes de mouche


Danièle






ce geai sur le toit


un tour sur lui-même et plonge


Paul






lune froide


sous l'aile du corbeau


quelques minutes à l'abri


anna






passant devant la cuisine


une odeur de pot-au-feu


Michel








vider les gouttières -


les dernières feuilles sèches


le vent les emporte


Monika






deux témoins, à son mariage,


sa mère et son fox terrier


Phil






ton souffle


au creux de mon ventre


déjà l’heure ?


Danièle






de l'écran à son doigt


un cil


Paul






coup de fusil


loin sur le versant


la terre rougit


anna






dans son attaché-case


un nez de clown


Michel






nuit des Perséides


immobile la lune


au fond de l'eau


Monika






bleuets de Mistassini


enrobés de chocolat


Monika






le garçon s'acharne


sur le tube de dentifrice


vide


Phil






sans cesse lui revient en tête


le Prélude de Bach


Danièle






un lièvre


dans les jacinthes sauvages -


nous nous reverrons


Paul






de la vallée vers le sommet


les rhododendrons éclosent en dégradé


anna






coiffeur pour dames


plongée dans son horoscope


mercure en gémeaux


Michel






de retour sur nos écrans


La vie en rose de Piaf


Monika






après l'averse


le merle sort du buisson


de Pyracantha


Phil






pour surprendre le vieux chat


il joue du clairon à tue-tête


Danièle






une plume


enchâssée dans la glace


son cœur fait des bonds


Danièle






rives blanches


le bruit lourd d'un vol de cygnes


Paul






livres et poussière


ne laissent aucune place


sur les vieilles étagères


anna






ruines du champ de guerre


deux libellules s'accouplent


Michel






au lieu d'aller au musée


ils vont s'amuser un peu


autrement


Monika






une mention honorable


au concours du Mainichi


Phil






veillée d’Halloween


un mince croissant éclaire


la cime des lauriers


Danièle






il a repris de la soupe


pour la première fois


Paul






encre de Chine sur papier de riz-


une cabane apparaît


derrière des roseaux coupés


anna






Roissy terminal 2 F


ressortir ses manteaux


michel






un lac tranquille


entouré de sables blonds


sous les balançoires


Monika






entre lampe et métronome


un bouquet de campanules


Phil






sur chaque corolle


une pointe de bleu


crépuscule


Danièle






redoux


un cormoran surgit des fonds


Paul



[Renku d'hiver composé entre début décembre 2010 et mi-février 2011]

7 commentaires:

Marcel P. a dit…

Une belle coopération, réussie. Merci à tous.

Paul de Maricourt a dit…

Nous en avons mesuré à la fois le plaisir et la difficulté ! Dans notre propre groupe, les avis divergent, concernant le résultat final... le travail d'articulation me semble pas mal, en tout cas. Merci pour le commentaire !

Danièle Duteil a dit…

@ Merci à toi Marcel !
Je suis assez de l'avis de Paul. Mais l'idéal serait de pouvoir écrire à plusieurs en partageant le même environnement. De cette manière, l'exercice serait moins artificiel.

Anonyme a dit…

quel beau collier :)

A lire et à relier.



vincent

Paul de Maricourt a dit…

C'est un exercice difficile, surtout à distance... les règles du renku sont complexes, contraignantes. Nous n'avons pas fait un chef d'oeuvre, mais je crois qu'il a sa cohérence.

Anonyme a dit…

Le renku a cela de bien, contrairement
au kukai, qu'il évite l'orgueil de l'élection. Ici, l'on écrit à plusieurs, comme toutes les pierres d'un mur...peut-être faudrait-il organiser des renku entre deux kukais.

amitié à tous


Phil

Paul de Maricourt a dit…

Oui, on seretrouve en position de modestie. On essaye de faire de bonnes choses, mais au service d'un ensemble !